Une partie de la ville de Trois-Rivières disparaît lors du grand incendie de 1908. L’année suivante, alors que Trois-Rivières est en pleine reconstruction, Monsieur Arthur J. B. Robert décide de s’y installer et d’ouvrir le premier théâtre de la ville : Le Bijou. Il ouvre un second théâtre en 1912, Le Gaieté, et continue d’opérer simultanément les deux salles pendant quelques années puis ferme Le Bijou qui est devenu désuet. En 1927, il décide de faire construire un nouveau théâtre, plus moderne. Il confie alors les travaux à l’architecte Daniel-John Creighton qui a d’ailleurs construit plusieurs théâtres à Montréal. La décoration intérieure de la salle, d’inspiration art déco, est confiée à Emmanuel Briffa, un éminent décorateur qui a déjà à son actif la décoration de plusieurs théâtres à travers le Canada et les États-Unis. Le 7 avril 1928, le Capitol ouvre enfin ses portes. On mentionne que ce théâtre est très moderne et qu’il a été spécialement conçu pour le cinéma et le vaudeville.
En 1966, la famille Robert cède ses intérêts dans le théâtre Capitol à l’United Amusement Corporation, une filiale de Famous Players qui l’intègre à son réseau des Cinémas Unis. En 1978, alors que le Capitol fête ses 50 ans, l’United Amusement Corporation annonce son intention de diviser le théâtre Capitol pour en faire deux salles de cinéma plus modernes.
La Ville de Trois-Rivières entreprend aussitôt des démarches afin d’acquérir le théâtre, car elle souhaite protéger cette magnifique salle qui fait partie de la vie culturelle de Trois-Rivières depuis 1928. La Municipalité désire aussi profiter de l’occasion afin de doter la région d’une véritable salle de spectacle. En avril 1979, la Ville de Trois-Rivières propose que le théâtre Capitol soit désigné sous le nom de la salle J.-Antonio-Thompson, en l’honneur de ce grand musicien trifluvien qui a contribué au développement de la vie culturelle de la ville. En 1984, la Ville de Trois-Rivières se dit prête à débuter des travaux majeurs de rénovation à la salle qui ne correspond plus aux exigences techniques modernes de l’industrie du spectacle. En 1986 et 1987, la Ville de Trois-Rivières effectue d’importants travaux de rénovation à la salle. On y agrandit la scène, modernisa l’équipement scénique, ajouta des aires d’accueil au public tout en préservant le caractère patrimonial de la salle.
Salle de renommée notoire, la salle J.-Antonio-Thompson correspond aux plus hauts standards de la pratique actuelle en matière de diffusion. De plus, elle fut récipiendaire, deux années consécutives du Félix «Salle de spectacle de l'année». Ce qui explique que depuis sa réouverture en septembre 1987, la salle J.-Antonio-Thompson est considérée, par les artistes, les experts et le grand public, comme l’une des plus belles salles de spectacle au Québec et au Canada.
Né à Montréal le 22 novembre 1896, il arriva à Trois-Rivières en 1916 comme organiste titulaire de la Paroisse Notre-Dame-des-Sept-Allégresses, poste qu’il occupera durant 58 ans, soit jusqu’à sa mort le 8 mars 1974. Marié (1919) et père de huit enfants, il joua dans la région un rôle de premier plan dans l’évolution artistique de Trois-Rivières. Il fut l’un des fondateurs des Compagnons de Notre-Dame, dirigea la Philharmonie de la Salle (1930-1951) et fonda un chœur mixte (le Chœur Thompson 1941-1955). Il donna des cours privés de piano et d’orgue et enseigna le solfège et l’harmonie aux Cours publics du gouvernement du Québec (1930-1970). De plus, Joseph-Antonio Thompson est l’auteur de nombreuses compositions pour voix, chœur, harmonie, piano et orgue.
C’est le 18 novembre 1979 que l’ancien théâtre Capitol, rénové en une magnifique salle de spectacle, fut inauguré sous le nom de la salle J.-Antonio-Thompson en l’honneur de ce grand musicien.
Dans les années 60, avec une volonté inébranlable, la communauté trifluvienne se dote d'un espace culturel à son image et répondant aux besoins de ses créateurs. Le milieu culturel, appuyé par la Ville et les gouvernements provincial et fédéral, prendra alors en main ses aspirations de renouveau et arrimera ce qui deviendra un lieu mythique : le Centre culturel. Le succès sera immédiat; la contribution au développement des arts de la grande région de Trois-Rivières, immense.
Rebaptisé Maison de la culture en 1997 et complètement transformé en 2004, cet espace est demeuré un lieu de rencontres et de découvertes où artistes et citoyens s'enrichissent mutuellement. S'inspirant de la chaleur des artistes d'ici et d'ailleurs, la Maison de la culture est le reflet du dynamisme culturel de notre ville.
La Maison de la culture est un univers pluridisciplinaire où s'amalgament littérature, arts visuels et arts de la scène dans un esprit de totale convivialité. Que ce soit à la salle Anaïs-Allard-Rousseau, au Centre d'exposition Raymond-Lasnier, à la Bibliothèque Gatien-Lapointe ou à la salle Louis-Philippe-Poisson, nous gagnons à découvrir ses richesses encore et encore.
Pénétrez dans un espace en constant mouvement où se côtoient danse, musique, théâtre et projections cinématographiques. Diversifiée, la programmation de cette salle de 250 places est à l’image de la femme qu’elle honore : dynamique et innovatrice. Une pluralité d’émotions vous envahira avec la chaleur des rythmes de la série Musiques du monde, la spontanéité de la série Jazz, la magie du Théâtre-Enfance-Jeunesse et la richesse de la programmation proposée.
Née en 1904 à Sainte-Monique-de-Nicolet, Anaïs Allard-Rousseau s’est impliquée de façon marquée dans le développement musical de la Mauricie. Cofondatrice des Jeunesses musicales du Canada, elle a également contribué à l’initiation d’une multitude de jeunes à la musique et aux beaux-arts par son enseignement dans diverses institutions scolaires de la région. Par son action bénévole, elle a collaboré à la fondation du Conservatoire de musique de Trois-Rivières. Cette grande dame de la musique est encore aujourd’hui le symbole d’un dynamisme et d’une détermination exemplaires.
En 2006, la salle Louis-Philippe-Poisson est devenue un lieu de prédilection pour les amateurs de spectacles intimistes. Avec sa capacité de seulement 80 places, l’espace favorise la proximité et l’intimité avec les artistes. Fière porteuse de la série Découverte, la salle est désormais un lieu privilégié pour la découverte des talents et du riche imaginaire de la relève.
Né à Gentilly en 1908, Louis-Philippe Poisson a été un acteur influent de la scène théâtrale trifluvienne. Homme passionné, il a voué quelque 50 ans de sa vie à cet art, notamment au sein de la troupe Les Compagnons de Notre-Dame, aujourd’hui Les Nouveaux Compagnons. Enseignant de formation, il a légué à la communauté mauricienne un héritage théâtral majeur. Il allait donc de soi que la Ville de Trois-Rivières honore ce grand homme des arts de la scène en nommant une salle à son nom.


